Nostalgie impériale russe vs lutte contre le terrorisme

 « L'intervention russe en Syrie n'a d'autres objectifs que ceux de la protection d'un État plutôt que du régime Assad » et « la lutte concomitante contre le terrorisme ». C'est ainsi que l'ambassadeur de Russie à Beyrouth, Alexandre Zasypkine, résume la problématique de l'intervention de l'armada russe auprès de Bachar el-Assad, depuis septembre dernier.

 
Lors d'une conférence placée sous le thème des « raisons de l'intervention russe en Syrie et ses conséquences sur le Liban et la région », le diplomate a d'emblée annoncé qu'il n'avait pas l'intention de donner une lecture personnelle des événements, mais seulement de communiquer la position de son gouvernement. Averti, le public, convié à participer à la discussion par la Ligue des amis de Kamal Joumblatt, à son siège, à Clemenceau, devait ravaler sa frustration, l'ambassadeur s'étant contenté d'exposer les thèses officielles du Kremlin.
En bref, celles-ci consistent à dire que les accusations d'expansionnisme russe dans la région ne sont que l'émanation de théories véhiculées par un Occident qui nourrit lui-même, depuis des décennies, des visées expansionnistes. M. Zasypkine répondait aux thèses avancées par l'ancien ambassadeur et analyste politique, Riad Tabbara, convaincu du retour en force des ambitions « tsaristes » du président Vladimir Poutine.
 
« À son arrivée au pouvoir en 2000, Vladimir Poutine caressait le rêve de ressusciter la grandeur de la Russie dont a témoigné l'Union soviétique », a-t-il dit. Le président US Barack Obama, qui rechignait à s'impliquer dans la recherche d'une solution alors que se renflouaient les bases de l'État islamique en Irak puis en Syrie, s'est finalement décidé à une intervention, très vite « vouée à l'échec ». Le terrorisme devait au contraire se renflouer par des opérations qui ont fini par atteindre l'Europe et les États-Unis, coïncidant avec l'afflux de milliers de réfugiés syriens et irakiens vers l'Europe.
Le contexte d'une Europe apeurée et confuse devant l'afflux des réfugiés, et celui d'une administration américaine qui a échoué à formuler une stratégie convaincante pour combattre l'État islamique, « ont constitué une situation idéale pavant la voie à l'intervention russe en septembre dernier », a relevé M. Tabbara.
 
Quant aux véritables motifs, ils sont à rechercher ailleurs et sont illustrés par l'édification, selon lui, de nouvelles bases militaires sur le littoral syrien et même plus à l'intérieur. Il cite notamment une base en fin de construction, au nord de Lattaquié, et une autre près de Homs. Le commandement envisagerait même de mettre en place une troisième base avec des composantes maritimes, aériennes et terrestres. « La Russie a-t-elle besoin de toutes ces bases pour combattre le terrorisme ? » s'interrogera par la suite, M. Tabbara avant d'affirmer que M. Poutine « n'est qu'au tout début de son plan ».
Pour lui, une des raisons principales qui presse les Russes à vouloir réaliser aujourd'hui leurs ambitions géopolitiques dans la région au plus tôt est la chute progressive voire vertigineuse des prix du pétrole, une substance qui constitue 98 % des bénéfices du secteur privé russe et 15 à 20 % du PIB. Or plus la guerre en Syrie se prolonge, plus le risque de voir la Russie s'enliser dans le bourbier régional se précise, a-t-il indiqué en substance. « M. Poutine, qui est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands experts dans la psychologie d'Obama, sait pertinemment que ce dernier est un adepte de la politique de désengagement dans le monde. Le problème, ajoute-t-il, est que le mandat de l'actuel président américain viendra à expiration dans un an. »
 
L'ambassadeur russe a répliqué, affirmant ne pas être d'accord avec la théorie de la nostalgie russe pour l'époque de l'empire, encore moins avec l'idée que l'intervention en Syrie serait justifiée par la crise économique en Russie. « Le retour à l'édification de l'empire n'est aucunement une option envisagée par la Russie », a-t-il dit.
C'est la logique inverse qui se trouve vérifiée, a-t-il dit, à savoir que « l'expansionnisme est plutôt l'œuvre de l'Occident », dénonçant en substance l'effritement de la Yougoslavie, l'exacerbation du printemps arabe et l'ingérence en Libye, une véritable « opération de fraude sécuritaire ». Et d'ajouter : « Ce sont les relations tendues entre la Russie et l'Occident qui sont au cœur de la problématique de l'ingérence russe en Syrie. »
 
Selon lui, les bases russes dans la région sont nettement moins nombreuses que les bases occidentales « qui se chiffrent par dizaines, sans oublier la présence d'une alliance telle que l'Otan », a-t-il fait remarquer. Et d'insister sur l'importance de voir la coalition pour la lutte contre le terrorisme s'élargir, dénonçant, à maintes reprises les « parties qui persistent à bloquer » mais aussi, « ceux qui s'obstinent à financer le terrorisme ».
« Nous travaillons en ce moment en vue d'une collaboration avec les forces de l'opposition qui luttent contre l'organisation État islamique à condition qu'elles cessent de combattre l'État syrien, et qu'elles n'œuvrent à créer un État parallèle sur une partie de la Syrie. »
La Russie aspire à « lancer le dialogue entre l'opposition et le régime à la recherche d'une solution politique pour garantir l'unité du territoire syrien », a-t-il dit. À quoi M. Tabbara a répliqué, ironique : « C'est le seul point sur lequel je conviendrai avec vous, à savoir que la Russie veut mettre la main sur l'ensemble de la Syrie et non une partie du territoire. »
 
Source: L'Orient Le Jour - Jeanine Jalkh
 
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